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Des ONG humanitaires demandent au ministre De Croo d’intervenir auprès du secrétaire général des Nations unies

Le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au Développement Alexander De Croo s’est réuni ce midi avec les ONG humanitaires. Outre les membres du consortium 12-12, des représentants de la Croix-Rouge ont également pris part à la concertation. Ensemble, ils ont évoqué la gestion de la crise humanitaire au Yémen, en Somalie, au Nigéria et au Soudan du Sud, quatre pays menacés par la famine. Le ministre a promis de mobiliser aussi vite que possible une première tranche d’aide humanitaire dans le cadre du doublement des fonds versés à Famine 12-12. Les organisations humanitaires ont aussi insisté auprès du ministre De Croo pour qu’il intervienne auprès du secrétaire général Guterres sur la sécurité des travailleurs humanitaires et l’accès humanitaire aux zones sinistrées.

Lors de la rencontre avec les ONG humanitaires, le ministre De Croo s’est engagé à débloquer rapidement la première tranche d’aide humanitaire prévue par le gouvernement fédéral dans le cadre de l’action Famine 12-12. Ce week-end, le ministre De Croo a annoncé le doublement par le gouvernement fédéral des dons à Famine 12-12.

“Le pic de famine est attendu pour cet été. Il est important que nous puissions rapidement mobiliser des fonds supplémentaires sur le terrain. C’est la seule façon de sauver des vies. C’est pourquoi je vais débloquer une première tranche humanitaire pour Famine 12-12. J’espère que la décision du gouvernement fédéral de doubler les montants des dons à Famine 12-12 encouragera les citoyens à faire un don”, a déclaré Alexander De Croo.

La Belgique a déjà engagé soixante millions d’euros d’aide d’urgence cette année pour des interventions spécifiques et des fonds d’urgence des Nations unies, de la Croix-Rouge internationale, du Programme alimentaire mondial, actifs au Soudan du Sud, au Yémen, au Nigéria et en Somalie. Par ailleurs, 20 millions d’aide urgente ont déjà été prévus pour la Syrie où les besoins humanitaires restent considérables.

Huit travailleurs humanitaires tués
Le ministre De Croo interviendra aussi auprès du secrétaire général de l’ONU António Guterres, qui sera à Bruxelles la semaine prochaine, au sujet de l’accès humanitaire et de la sécurité des collaborateurs humanitaires. Les organisations humanitaires sont particulièrement inquiètes en ce qui concerne l’accès humanitaire parfois très difficile aux zones sinistrées. Samedi, au Soudan du Sud, huit travailleurs humanitaires ont perdu la vue lors d’une embuscade, alors qu’ils quittaient la capitale du Sud-Soudan Djouba pour rejoindre Pibor, dans le nord-est du pays. La mort de ces huit personnes est le plus lourd tribut en personnel humanitaire depuis le début de la guerre civile fin 2013. Au total, 79 travailleurs humanitaires sont morts ces trois dernières années au Sud-Soudan.

Le ministre De Croo s’engage à évoquer la semaine prochaine, lors de sa rencontre avec le secrétaire général Guterres, la sécurité des travailleurs humanitaires et l’accès aux personnes en détresse. Une mission de l’ONU se déroule actuellement au Soudan du Sud. Elle devrait pouvoir intervenir de façon plus énergique pour permettre l’assistance humanitaire, ce qui fait partie du mandat donné par le Conseil de Sécurité.

“Il est important que les biens humanitaires soient acheminés sur place rapidement et de manière sûre. S’il le faut, l’accès doit être imposé. Nous ne pouvons accepter que les parties au conflit bloquent l’aide humanitaire et bombardent sciemment les travailleurs humanitaires. Les Nations unies peuvent jouer un rôle à cet égard”, a indiqué Alexander De Croo.

Accélération
La campagne Famine 12-12 s’est accélérée ce week-end. L’action est beaucoup apparue dans des spots radio et télévisés diffusés par les différents groupes de médias. La presse écrite s’est aussi emparée du sujet, notamment avec l’annonce que le gouvernement fédéral allait doubler les montants et les protestations au Yémen contre la guerre civile qui fait rage depuis deux ans maintenant. La présence de plusieurs journalistes belges dans la région très touchée permet aussi aux citoyens de mieux se rendre compte de la catastrophe et de faire un don.